Génération Y : la polémique


Vous avez entre 12 et 32 ans, collectionnez les applications pour Iphone et êtes un spécialiste des jeux vidéos : vous faîtes partie de la génération Y. Ne vous réjouissez pas trop vite : le terme est tendance mais les critiques tout autant. Certains sociologues et journalistes tentent de décrypter le mouvement, tandis qu’un grand nombre s’épuisent à le montrer du doigt.

Génération Y, késako ? Le terme, assez vague, rassemble l’ensemble des personnes nées entre 1980 et le milieu des années 1990, en plein boom des nouvelles technologies. Ces jeunes ont grandi avec un téléphone portable dans une main, une manette dans l’autre et Internet comme berceuse. Experts en matière de web 2.0, ils créent et partagent au quotidien toute sorte de contenu. Sur Facebook, Twitter, Tumblr ou Youtube : le nombre de nouvelles publications à la minute est presque effrayant. L’expression "génération Y" a été utilisée pour la première fois en 1993 dans le magazine Avertising Age. Mais vous pouvez également parler des "enfants du millénaire", des yers ou encore de la net generation. La lettre Y a plusieurs origines : elle viendrait du Y tracé par le fil du baladeur sur le torse pour les uns, de la phonétique anglaise du mot why pour les autres, ou prendrait simplement la succession de la génération X. Cet amas d’hypothèses et de qualifications fait de la génération Y un concept fourre-tout, rempli de clichés. La "une" du dernier numéro des Inrocks a ainsi fait beaucoup de bruit : quatre filles, trois garçons (dont le désormais célèbre Norman Thavaud) les mains dans les poches ou accrochés à leur téléphone dernier cri. Un grand nombre de jeunes, y compris ceux censés représenter leur génération, ne s’y retrouvent pas. Ces dernières années, le mouvement s’est répandu dans les médias, et certains sites dédiés à la génération Y ont vu le jour : the-yers.fr, par exemple, est un magazine masculin sur les "tendances de la génération Y". Avec, en prime, un "Yers code" qui offre trente commandements précieux tels que : "La meuf de tes potes tu ne regarderas point". Pas étonnant que certains refusent d’être assimilés aux "Y".

Trouver sa place

Définis comme cyberdépendants, individualistes, blasés et paresseux, les "Y" ont tout à prouver, en particulier dans le domaine professionnel. Ils sont surtout critiqués pour leur tendance à rester scotchés aux écrans. Impossible de le nier : les jeunes d’aujourd’hui sont moins concentrés car envoûtés par leurs outils. Mais n’oublions pas l’autre aspect de cette génération : la précarité. Si les loisirs sont de plus en plus virtuels, le combat contre le chômage et l’exigence des entreprises est, lui, bien réel. La génération Y a ses atouts pour rebondir : l’habileté vis-à-vis des nouvelles technologies permet de sortir du lot et de s’adapter plus facilement. Dans leur ouvrage La génération Y par elle-même, Myriam Levain et Julia Tissier vont à l’encontre des clichés. Pour elles, Internet est un moyen de s’ouvrir au monde et les "Y" ont la chance d’accomplir ce qui n’a jamais été fait auparavant. "La génération qui nous précède avait les mêmes attentes et les mêmes récriminations vis-à-vis de leurs aînés, explique Julia Tissier. Seulement, cette fois, il est possible que les Y grillent la politesse aux X qui ont pourtant patiemment attendu." Il est sans doute trop tôt pour faire une analyse juste du phénomène "Y", alors que la génération "Z" est déjà en train d’émerger. La jeunesse actuelle peut surprendre ou choquer, mais elle poursuit la quête de ses aïeux : se faire entendre.

Camille Erder

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