Shaka Ponk, singeries et Rock’n roll !

GOZ

S’il est un groupe de musiciens qui est geek jusqu’au bout des ongles c’est bien lui. Shaka Ponk, souvent orthographié SHK PNK, est un groupe français de Rock Éléctro, Funk, Hip Hop qui se caractérise par son appartenance à la culture 2.0 . En quoi ? Pourquoi ? Qui sont-ils ?

Une mascotte pour chanteur virtuel

Le live est, avec le graphisme, le crédo des Shaka Ponk. M.V.

En 2003, François Charon ou Frah alors web-designer, rencontre avec son guitariste CC, un hacker : Stan. Ce qui caractérise les pirates du web de l’époque c’est un petit singe qui gesticule sur les emplacements attaqués. Stan leur créera leur primate qui deviendra GOZ (pour Gustave Orlando Zimbana) diminutif de Ghost. Frah et CC imaginent alors créer un groupe mêlant rock et électro. Leur chanteur n’est autre que leur singe qui est diffusé sur un écran rond au centre même de la scène.

Le talon d’Achille de tout geek : la panne d’ordi

L’écran où Goz apparaît durant les concerts interagit avec tous

Dès lors plusieurs personnes se sentent attirées par ce projet musical innovant. Des graphistes, des vidéastes et des musiciens vont venir s’insérer dans le groupe que ce soit à la création graphique qu’à la création musicale. Un bassiste, Mathias, un clavieriste et sampliste, Steve, et un batteur, Bob, viennent s’ajouter au groupe. Mais en 2004, lors d’un concert, un ordinateur tombe en panne. Leur chanteur Goz disparait. Frah se voit alors obligé de prendre sa place, qu’il gardera définitivement. Mais Goz sera toujours présent sur scène. Jouant de temps en temps des battles de batterie avec Bob ou de guitare avec CC.

Leur propre langage

Goz ne chante pas en Français, ni même en anglais ou en espagnol. Non, le primate allumé chante un mélange des langues d’ici, d’ailleurs et même inexistantes. Certains parlent même d’espéranto, la langue européenne. Pour eux, cela représente bien l’esprit de leur langage, mais ce n’est pas vraiment ça :

Nous nous servons de la langue comme d’un instrument. Aujourd’hui, le mélange entre Anglais et Espagnol est la coloration que nous souhaitons développer. Et cela sonne parfaitement bien dans la bouche de notre singe. Nous allons utiliser de plus en plus de langues bien sûr… ça fait partie de notre plan.

Ils se plaisent à développer les paroles grâce à la collaboration de tous. Génération 2.0 sûrement. Toujours est-il que les titres de leurs chansons sont décalés, voire provocateurs. My name is Stain, Sex Ball, French TouchPuta madre…

L’Allemagne comme pays de lancement

L’album aura couronné le succès de Shaka Ponk. Petite référence au logo de DTK ?

Ne trouvant pas de producteur, Shaka Ponk déménage à Berlin en 2004. Ils font alors de nombreuses premières parties, notamment pendant le concert de Korn ou de Mudvayne. Au bout d’un an, un producteur les repère, leur offre un bunker pour répéter et leur programme des dates de tournées. Toujours en 2005, Goz signe un contrat avec Edel Music et lance son premier EP : Hyppie Monkey. Le groupe monte et en 2006, ils sortent Loco Con Da Frenchy Talking qui les font connaître de leur public natal. Leur second album viendra en 2009 avec Bad Porn Movie Trax qui sera réédité deux fois. La première fois en supprimant le titre s’appelant ù+9=%’, ‘#1+’£’, la deuxième fois en rajoutant Stop the bot et une version live de French Touch Puta Madre. Mais c’est en 2011 que le succès arrivera réellement. Shaka Ponk sort son troisième album originalement appelé The Galactiks and the Surfing Jocks qui se transformera en The Geeks and the Jerkin’ Socks littéralement Les geeks et les chaussettes moulantes. Sur cet album quatre titres feront le buzz : Palabra mi amor où l’ex-chanteur de Noir Desir, Bertrand Cantat, fera une apparition. Sex BallMy name is Stain mais surtout Let’s Bang qui sera d’ailleurs utilisé comme générique pour l’émission La semaine dans le rétro sur W9.

Le live comme social network

Sur scène, les Shaka Ponk dépensent toute leur énergie. M.V.

Mais là où les Shaka Ponk se distinguent, c’est bien sur scène. C’est plus qu’un concert, c’est un véritable spectacle. Dès la première chanson, Frah se jette dans le public. Les lumières fusent, les chanteurs se déchainent. Lorsque les premières notes de Sex Ball retentissent, la chanteuse Samaha Sam se faufile dans la fosse, fait assoir tout le monde. Plus un bruit, rien, ne serait-ce qu’un petit fond de basse tenu par le nouveau bassiste : Mandris Da Cruz. Puis elle remonte sur scène, et fait se lever tout le monde doucement avant de partir en un  » Sex Ball  » à l’unisson. L’écran sur scène ajoute un véritable effet de scène. On y voit Goz chanter, se trémousser, jouer avec le public. Mieux, il peut se mettre à jouer un battle avec les membres du groupe. Mais lorsqu’il disparaît, c’est au tour de Frah et de Samaha de jouer avec. En ombres chinoises, des taches apparaissent sur l’écran en rythme…

Bref, Shaka Ponk est clairement le groupe geek du moment. Ne serait-ce que pour l’utilisation des Go-Pro lors des concerts afin d’avoir de nouvelles images. Ils réalisent eux même leurs clips agrémentés d’animations surréalistes. Quand graphisme et Rock’n Roll marchent, ça donne du SHK PNK.

Now, you are little monkeys, they are Shakaponk !

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